Play It Again Pam - Sisyphus is a Woman 

Installation vidéo : 5 vidéos en boucle, écrans verticaux sur trépieds, (nombre d’écrans variable selon le lieu d’exposition).

 

Dans nos sociétés occidentales en phase de marginalisation voire de clochardisation, le décalage est chaque jour plus criant entre un réel dévalué et une société du spectacle qui, à l’ère d’internet et du numérique a d’ores et déjà basculé corps et bien dans l’hyperréalité qu’annonçait Baudrillard. Tous différents et pourtant chaque jour un peu plus semblables, nous sommes à présent abreuvés en permanence d’images ciblant au plus près nos désirs de sexe et de sécurité pour mieux nous soumettre à la marchandise. Les mythes, les allégories, l’art lui-même à travers ses chefs-d’œuvre historiques, tout est convoqué pour mieux asservir chacun des rouages d’une société si bien atomisée que la conscience de classe en est petit à petit abolie au profit d’un individualisme au combien plus contrôlable, orientable, en un mot manipulable. Sur le plan individuel comme sur celui des anciens collectifs déliquescents, du village à la nation, de l’équipe à l’entreprise, chacun d’entre nous oscille entre peur et recherche d’un sommeil apaisant, entre défense et relâchement.Ainsi le personnage de Pamela Anderson me permet d’aborder les trois lignes de force qui structurent ma lecture du monde ainsi que mon travail, les trois fils d’Ariane qui relient chacune de mes œuvres : Il me permet d’aborder cette dialectique d’une défense illusoire et d’un relâchement mortifère (ici surveillance de la baie, discipline physique et contrôle sur le corps, mais aussi épuisement, relâchement des chairs, etc.), mais aussi le thème de l’érotisation permanente de l’environnement (inutile de s’étendre dans cette série), et enfin la relecture d’allégories sous un angle marxiste (dans ce cas précis, plusieurs mythes peuvent être convoqués le plus évident étant celui de Sisyphe, l’analyse marxiste s’étendant ici à une problématique post coloniale, la femme restant, de manière particulièrement ostensible dans Bay Watch comme à travers le monde, le dernier continent à décoloniser.)

 

PROJET :

Le projet "Play It Again Pam Sisyphe est une femme" consiste à réaliser une vidéo d’une Pamela Anderson au corps lui ayant en partie échappé (soumission, poids, temps). Elle projette et ramène à elle par un filin et pendant des heures, en boucle, son flotteur de sauvetage. Cette action se déroule dans les ruines immergées d’un temple de la consommation érotisée dont ne resteraient que les bases des colonnes, des bouteilles de coca géantes brisées. Le bassin est en fibre de verre et polyester rose, les bases des bouteilles en aluminium. Le tout est filmé en différents plans fixes en plongée. (Cette œuvre sera ensuite recréée plusieurs mois plus tard et accessible live via le web à l’occasion de la mise sous surveillance video de l’ensemble du site dans le cadre d’une programmation à venir d’expositions paranoïaques "please no visitors, on line only" confiées à différents commissaires d’exposition. Lancement prévu fin 2013 ou courant 2014. De nombreux artistes ont d’ores et déjà accepté de participer à cette expérience.)

 

PROTOCOLE :

Le protocole est aussi simple que sadique : un contrat de travail stipule que la performeuse (Gael Depauw, interprète entre autres de Jan Fabre et de Gisèle Vienne, un peu trop âgée et un peu trop plantureuse pour pouvoir remplacer une Pamela Anderson de 30 ans dans la série, donc parfaite pour le rôle) doit réaliser ce geste répétitif pendant le nombre d’heures voulu, à un rythme défini également contractuellement (très soutenu, 10 à 12 lancers par minute) avec une distance minimale et maximale de lancer. L’eau du bassin est froide et son niveau, bas, peut varier. Le maillot de bain rouge logotypé Baywatch fourni est légèrement trop petit pour la comédienne. Avec le flotteur gonflable en vinyl et la perruque blonde, ils constituent un "assortiment déguisement sexy" (sexy fancy dress package) bas de gamme. De temps en temps, entre deux lancers, la performeuse regarde désespérement l'une des caméras, guettant en vain un signe, avant de se résigner à reprendre sa tâche.Les plans fixes sont réalisés à partir des emplacements destinés à terme aux caméras de vidéo- surveillance prévues sur ce site, au format "meurtrière" 16/9eme vertical.

 

L'OEUVRE :

L'œuvre filmée est restituée simultanément dans la même pièce sur plusieurs écrans verticaux sur trépieds noirs, chacun montrant le point de vue différent des deux caméras sous différentes lumières à différents moments de la journée.

Play It Again Pam - Sisyphus is a Woman 

Video installation : 5 videos in a loop, vertical screens on tripods (number of screens varies depending on the exhibition room).

 

With Western society generating ever more marginalization and homelessness, the rift deepens between a reality that has become devalued and the spectacle of a reality-show society that in this digitalized internet age has already plunged headlong into hyper-reality as predicted by Baudrillard. In spite of our differences and similarities, we are all fed the same diet of images that unerringly target our desire for sex and security whilst getting us to buy the goods. Myth, allegory, even art’s historic masterpieces, everything is brought to bear on the workings of a society atomized to the point that class consciousness is gradually being abolished in favour of individualism – easier to control and direct, in a word manipulate. On an individual level, just as for the now disappearing units that were once collective, from village to nation, from team to corporate enterprise, each and every one of us wavers between a sense of fear and a yearning for peaceful sleep, between defensiveness and abdication.The character of Pamela Anderson allows me to implement three lines of force that structure my reading of the world as well as my own work, three Ariadne threads that link my work. First the dialectic that opposes defensiveness that is illusory and abdication that is fatal – in this case watching a bay, keeping fit, controlling the body, as opposed to feeling exhausted, flesh slackening etc. Then the theme of a perpetually eroticized environment (little more can be said about the series). And last, a Marxist re-reading of allegory – in this particular case, several myths can be adduced, the most obvious one being Sisyphus, a Marxist analysis of which would include post-colonial issues, with, most ostensibly in Baywatch as everywhere, women being the last continent to be de-colonized.

 

PROJECT :

The Play It again Pam – Sisyphus is a Woman project shows a video of a Pamela Anderson whose body has in part escaped her (submissiveness, weight, time). For hours on end, in a loop, she casts her lifebuoy out on a line then pulls it back in. The action takes place in the submerged ruins of an eroticized temple to consumerism of which only the column plinths, giant Coke bottles, remain. The pool is made of pink fibreglass and polyester, the bottle plinths are aluminium. The video is filmed using varying static high-angle shots. (This work will be re-created several months later and made accessible online when the whole of the site is placed under surveillance as part of the future scheduling of paranoid exhibitions – Please No Visitors, Online Only – to be curated by different people, and launched late 2013 or during 2014. Many artists have already agreed to take part in this experience.)

 

PERFORMANCE :

The performance is as simple as it is sadistic: a work contract stipulates that the performer (Gael Depauw, who has played Jan Fabre and Gisèle Vienne, is just a little too old and full-figured to stand in for a 30-year-old Pamela Anderson as in the series, and so is perfect for the part) must make the same repetitive gesture for the required number of hours, the speed also being stipulated contractually (a very sustained pace, with 10 to 12 throws per minute) and maximum and minimum throwing distance. The water in the pool is cold and the level – low – may vary. The actress’s red bathing costume bears the Baywatch logo and is slightly too small for her. With her inflatable lifebuoy and blond wig, they form a cheap, sexy fancy dress package. From time to time, between two throws, the performer looks desperately at one of the cameras, seeking a sign in vain before resigning herself to going back to her task. The static shots are taken from positions ultimately intended for the video surveillance cameras to be set up on the site and use a 16:9 bird’s eye vertical format.The work:The work is screened simultaneously in the same room on several vertical screens on black tripods, each one showing the two cameras’ different points of view and different lighting from different times of day.

 

THE WORK :

The work is screened simultaneously in the same room on several vertical screens on black tripods, each one showing the two cameras’ different points of view and different lighting from different times of day.