Winter over Europe , the Aubusson tapestry - 2018 (Exhibition view Nagel Draxler Gallery, Cologne, Germany)

Reembroidered 18th century Manufacture Royale d'Aubusson tapestry 

EUROPE OF LIGHTS WORK SERIES, started in 2016

This proposal seeks to adress the topic of a world turning fascist and xenophobic again, with the western elite pretenting nothing is going wrong or ponting fingers at others : we Europeans pointing fingers at Trump or Putin but being blind to the rise of hatred within Europ itself (Brexit, Orban, Italy, turning our backs on refugies...)

This growing desire to be separated from the others, though it seems impossible in such a small and connected world, is symbolized in this series of works by this image of bridges set on fire. These works, a video and a tapestry, should be exhibited together but in two rooms (or only one roome if it is large enough to get the proper light /darkness for each of them)

The tapestry could easily travel with me by plane in a suitcase.

 

Winter over Europe, la video was filmed on my studio island. It's a typical European countryside landscape like so many have been painted for centuries  : I repetitively (once every month from December till March) tried to set fire with gazoline on a bridge covered with soaking wet logs of wood. The camera is always kept in the same position, filming each atempt, from the moment I start putting gazoline on the bridge till the moment all the flames have stoped. The proportions of the video frame is the one of a traditional painting or tapestry.

 

Winter over Europe, la video : duration 70 minutes

 

Winter over Europe, la tapisserie d'Aubusson is an eighteen century tapestry comming from the French Manufacture Royale d'Aubusson (their tapestries were very popular in aristocratic Europe at that time) showing an idealized European countryside with some aristocrats flirting at the forefront, and a river with a bridge on the background. I embroidered a fire over that bridge. The technic used to embroyer the fire and some of the threads used for this are very contemporary. And the black smoke is the kind you can only get from gazoline or burned tires, so all this it creates a real tension.

A travers la série d’œuvres Europe des Lumières entamée en 2016, Cohen nous parle d'un monde qui s'embrase pendant que des élites occidentales, refusant de prendre la mesure du danger, prétendent que tout va bien et refusent de se remettre en question. Winter over Europe, la tapisserie d'Aubusson, créée en 2018, est une tapisserie du XVIIIe siècle représentant une scène bucolique sur laquelle Cohen est intervenu. Au premier plan un couple d'aristocrates batifole, à l'arrière coule une rivière enjambée par un pont. L’intervention de l'artiste consiste en la réalisation de la broderie contemporaine d'un incendie sur ce pont. Ces flammes symbolisent à la fois la destruction de notre écosystème, mais aussi ce désir croissant des individus et des groupes humains, un peu partout sur la planète, de se séparer les uns des autres. Les aristocrates qui marivaudent au premier plan symbolisent l’attitude de déni qui caractérise les élites actuelles.​

Winter over Europe , le Trumeau- 2018 (Detail. Exhibition view La Coutellerie, Arnaud Cohen Studio)

Painted over 19th century overmantel

Winter over Europe , the video, 2017 (Snapshot)

Hunting Season - 2016 (Exhibition view Kunstverein am Rosa Luxemburg Platz 2017)

Mixed Media

The charred remains of this makeshift home, are made of interior shutters. These shutters are comming from a Parisian eighteenth century private mansion that was destroyed during the French revolution. There is a blue light comming out from the gaps between the darkened wooden planks. Indeed, inside the burned baroque slum is a blue neon light saying Rien (Nothing in English). This Rien is an enlarged reproduction of what Louis the Sixteenth wrote on his hunting log on July 14, 1789, the day the revolution began. The unsuccessful hunter had no idea he had become the prey on that very day.

« Etant donnés, 1° la chute…
Ce que Hunting Season nous donne à voir  : grosse niche / cabane d’enfant / abri de fortune(s) / slum baroque fait de volets intérieurs du XVIIIème siècle provenant d’un ancien hôtel particulier parisien. Sans doute tout cela à la fois. Sans porte ni fenêtre, l’objet est extérieurement en partie calciné.  Accident, incendie volontaire? Si l’on s’approche pour chercher une réponse, on aperçoit une lueur colorée entre les interstices. En se collant à ceux-ci comme à l’œilleton d’Etant donnés de Marcel Duchamp, on accède à une deuxième composante plastique de l’œuvre  : à l’intérieur de la cabane incendiée, un néon dont la lumière artificielle n’est pas sans renvoyer à celle produite par le bec de gaz de l’œuvre duchampienne. Ce néon ne dit pas rien, ce néon dit rien, ou, plutôt, il est écrit Rien , de cette écriture baroque, ancien régime, qui précède l’invention du stylo plume. Contrairement au bec de gaz de Duchamp, ce néon n’est donc pas une convocation des Lumières et de la modernité. Tout au contraire....  ...ce Rien , calligraphié ainsi, est d’abord la reproduction agrandie de ce que Louis XVI inscrivit sur son carnet de chasse le 14 juillet 1789.  Alors tout bascule, car par cette adjonction de sens et le collage de ce Rien  au sein de cet abri condamné fait de volets aristocratiques calcinés, Hunting Season produit une proposition paradoxale  : l’œuvre dénonce les procédés d’une partie de l’art actuel tout en en démontrant, par sa puissance allusive, que l’art contemporain peut encore y survivre et témoigner de son temps. Au-delà des problématiques auxquelles mes pairs et moi sommes confrontés et aux tentations du repli sur soi du milieu artistique dans une période tourmentée , Hunting Season  se saisit également deux grandes problématiques auxquelles est confrontée notre planète depuis l’éclatante victoire de Ronald Reagan sur le communisme il y a bientôt 30 ans  : d’abord la situation sociale actuelle où les rentes de situation et le déni sont le pendant d’un ascenseur social bloqué au sous-sol pour des populations entières, qu’elles soient chez nous ou de l’autre côté de la Méditerranée. Ensuite, le destin funeste d’une Terre où  les égoïsmes individuels et collectifs,  accompagnés d’un illusoire désir de camp retranché, mènent à la destruction suicidaire de notre niche écologique. 
Hunting Season, c’est ce moment plus ou moins bref où le chasseur ne sait pas encore qu’il est devenu la proie.