Echology - 2022

 

Since the very beginning my work has arisen from the confrontation of objects or traces of existing objects; a theater leaflet, a tart card, a piece of Egyptian antiquity, fragments of Youtube videos of neo-fascist groupuscules, a three hundred year old tapestry in a sorry state, a Japanese mask from the Edo period, plastic toys from McDonald’s. To paraphrase a famous maxim from Ridley Scott‘s Blade Runner, if I don’t do something about it, “all these objects will be lost in time like tears in the rain.” This approach, which began 30 years ago, had a double dimension at the time, that of a memory in peril and in permanent recomposition, and that of a commitment to question the present and the future with tools forged today in the material of the past. Reuse finds today in our societies the dimension which was his until the first industrial revolution, that of the circular economy, that of the economy of means: at a time everyone understands well that the best energy is the one which is not consumed, my practice is particularly in phase with what the society should not delay to become if it wants to survive this terrifying century in which we entered full foot. (interview excerpt The Edge Magazine)

 

Les vestiges de sculptures antiques qu'Arnaud Cohen réemploie à l'occasion de cette série d’œuvres sont le plus souvent réduits à l'état de fragments sans mémoire. L'artiste complète ces manques par de petits jouets en plastique issus de sa collection. Ces jouets, similaires à ceux distribués par les grandes multinationales de l’agro-alimentaire, tels Mac Donald’s ou encore Kinder, sont rendus par l'artiste à un simple état de matière première, venant se substituer à la terre cuite, au bronze, à la résine ou à la pierre.

 

Chacune des œuvres d’Arnaud Cohen s’achève par l'adjonction du végétal, le vivant venant progressivement se mêler, puis recouvrir l'assemblage et sa mémoire. Le caractère évolutif des œuvres sera soumis à la volonté du propriétaire ou du regardeur qui aura la liberté, soit de laisser le vivant recouvrir la matière plastique, en entretenant la plante, soit de laisser coexister les deux matières ou encore de laisser mourir la plante, pour la remplacer ou non.

 

Ainsi, nous retrouvons dans ces installations vivantes, les quatre principales dimensions du travail d'Arnaud Cohen depuis 25 ans : celle d'une mémoire en péril et en recomposition permanente, celle du parti-pris d'interroger le présent et l'avenir avec des outils forgés dans la matière du passé, celle du réemploi comme seule pratique artistique satisfaisante d'un point de vue écologique et enfin celle de nos responsabilités individuelles dans l'édification d'un destin collectif.